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 ÉCRITURE - QUELQUES EXTRAITS

 

  

Ces ombres qui nous caressentCes ombres qui nous caressent

 

CES OMBRES QUI NOUS CARESSENT

 

Je sens dans mon dos
Ces ombres qui nous caressent
Éveillant en nous
Les souvenirs heureux des êtres aimés
Ces âmes qui viennent nous bercer
Lanternes de nos nuits sombres
De par leur amour bienveillant

Je sens sous ma peau
Des vestiges de tendresse inassouvie
L’énergie éthérée des esprits
Qui me fait craindre de mourir
Cette nuit, oui, cette nuit-ci
Tandis que le sommeil me fuit

Ces ombres qui nous caressent
Nous enveloppent, puis
Nous délaissent

 

Je porte sur ma colonne
Le chapiteau génétique de mes ancêtres
Augurant le cirque de ma vie

 

J’entends encore les mélodies
Chantées par ma mère
Me dorlotant en son ventre

 

À mon tour
Un jour
Je me transformerai
En l’une de ces ombres caressantes
Lorsque seront fanées
À tout jamais
Les roses des sens
De mon vieux corps usé

 

Je reviendrai alors
Vous bercer
Et chanter…
Et guider…
Et caresser…

 

Jocelyne Langlois, auteure
Recueil Ces ombres qui nous caressent
Éd. LEPC, 2014
Tous droits réservés


La confrérie des poètes retrouvésLa confrérie des poètes retrouvés

LA CONFRÉRIE DES POÈTES RETROUVÉS (Extraits)


Chapeau noir jusqu’à nuit blanche
Chapeau pointu de sorcière à ras bord de chaudron
Capuchon de moine descendant
Jusqu’au nombril du monde
Les mots volent bas sur un balai magique

 

Depuis la nuit des temps
Sous la voûte étoilée
Autour du feu sacré
La tribu rassemblée
Écoute celui qui sait
A vu, exploré, est revenu

 

Volutes de fumées parfumées
Brins d’herbes hypnotisantes, encens raffinés
Paroles d’argent écoutées dans un silence d’or
Ciselées pour la postérité

Témoins de récits s’imprégnant
Dans la mémoire du temps

Ces volutes s’élèvent en une spirale tournoyante
Emportant avec elles
Une étincelle de l’esprit
De chacun de ces scribes et lettrés
Sages et rois mages
Depuis des temps immémoriaux
Conteurs à la belle étoile
Pieds nus dans le sable sous la tente
La hutte sentant la paille
Ou le sapin baumier dans la Maison longue
Ou bien encore dans la froidure de l’iglou itou
Devant le village réuni
Accomplissent leurs missions de vie

 

Or, voici que des âmes vagabondes
Reviennent sur terre
Dans un zigzag étonnant
Et en destins croisés
De moines depuis leur scriptorium
Enluminant parchemins dépassés
Échangeant leur plume trempée dans l’encrier
Contre stylo mécanique et papier aseptisé

Grands chamans sous leur wigwam
Mots guérissant les maux
Prêtres, déesses, oracles
Devins, devines et devinettes divines

Moines, prédicateurs et frères
Bro, Brothers
Vœu de pauvreté
Poètes méconnus

 

Prêtresses, poétesses et sœurs, Sis, Sisters
Vœux de chasteté
Non respectés
Au diable la moralité!
Brothers et Sisters

Congrégations de cœurs solitaires
Joignables en tout temps par cellulaire

 

Révolutionnaires
Aux pamphlets incendiaires
Dénonçant injustices contre la populace
Par les dirigeants rapaces

 

Araignée détestée
Tannée de se faire écraser
Prend sa revanche
Sur la toile universelle
Double v, Double v, Double v
Double vœu, Double vœu, Double vœu

 

Solitude dans la multitude 

Les esprits des conteurs
Reviennent en visiteurs sur cette Terre
Confrères et consœurs
Éclairant de leur lumière
Cette noirceur sempiternelle
Causée par la bêtise humaine 

Dans nos corps composés d’eau et de métaux
L’aiguille d’une puissante boussole aimantée
Nous dirige les uns vers les autres
Un à la fois
Oui, vers toi, brother, sister

 

Nous nous retrouvons, les uns après les autres
Reconnaissant en l’esprit de l’autre
L’animus anima
Grands manitous
Bardes, chantres, ménestrels
Chefs de bande et conseils de sages
Mères spirituelles et grands prêcheurs
Prêtresses aux discours initiatiques
Moines, frères, enseignants aux discours empiriques

 

Frères et sœurs d’une seule et même confrérie
Du visible et de l’invisible
De l’éternel et de l’indivisible

 

Le Verbe s’est fait chair
Sans besoin de plaire
Nous nous exprimons par la poésie
Et nous en servons
Telle une soupape de sécurité
Sur ce volcan en ébullition
Sommeillant au fond de nous
La poésie empêchant de faire jaillir des coulées de lave
Qui auraient tout ravagé sur leur passage

 

Solo
Vox
Une seule voix
Une pour tous
Tous pour une
Voix solitaires
Voix solidaires 

De nos jours
Entre frères et sœurs
Nos âmes rassemblées
De nous qui sommes
Sur le sentier de la révolution poétique
Nous, pèlerins bénis,
Nous exprimons ici
En toute Liberté, Égalité et Fraternité
En poètes qui se respectent

Nous, la confrérie des poètes retrouvés

 

Jocelyne Langlois, auteure
Recueil La confrérie des poètes retrouvés
Éd. LEPC, 2016
Tous droits réservés

 

 Jouer avec le feuJouer avec le feu

 

 

JOYAU DU SAINT-LAURENT À LASALLE

 

Là où le temps s’arrête
Atmosphère de création du monde
Idéale lorsque la vie bat de l’aile

Arche de Noé féérique
En milieu urbain
Apaisant mon âme tourmentée

 

L’eau, source de vie, oxygénée, purifiée
S’entête en rageant contre de massifs rochers
Bien campés dans les Rapides de Lachine

 Retour au nid, Jocelyne LangloisRetour au nid, Jocelyne Langlois

L’impétuosité soulage ma colère

 

L’eau apaisante du bassin central
Murmure des secrets inaudibles
Jusqu’à ses cascades frémissantes

 

Des cours d’eau abritent
Des écrevisses dont se nourrissent
Au passage de grands hérons bleus

 

Ils passent au-dessus de ma tête
Semblables à des avions téléguidés
Ailes étroites démesurées

 

J’observe bihoreau et grand héron
Immobiles sur un rocher, sentinelles des heures
Plonger soudain et en ressortir repas au bec
Des ponceaux au-dessus des chutes
Tiennent les humains à distance
Des autres espèces, faune et flore

 

Un canard colvert
Comme Narcisse fasciné
Par son reflet dans l’eau
Lui offre son bec
Tenant en l’air ses pieds palmés
À force de s’y mirer

 

Les cinq sens en éveil
Mieux vaut respecter leur territoire
Que de subir leur attaque en règle!

 

Point de loup venu à ma rencontre
Mais j’ai vu le renard, le lièvre
Un rat musqué, une marmotte, un raton-laveur
Mouffette, serpent et écureuils

 

Au bas de certains arbres
Le passage incisif du castor
A laissé sa marque

 

Parfois des chevreuils vivant dans l’archipel
Quittent leur île en hiver
S’aventurent sur les glaces
En nous faisant un clin d’œil

 

Loin de moi s’esquisseAu guêt, Jocelyne LangloisAu guêt, Jocelyne Langlois
La silhouette du pont Champlain
Me rappelant que j’habite en ville!

 

Je n’avance plus à pas de tortue
Mes émotions négatives envolées
À tire-d’aile

 

La paix, enfin!

 

Jocelyne Langlois, auteure
Recueil Jouer avec le feu
Éd. L'Apothéose, 2018
Tous droits réservés

 

La traversée du désert, Jocelyne LangloisLa traversée du désert, Jocelyne Langlois

 

PLAYA AZUL, VERS 1976


J’ai vu le soleil se coucher
Et la lune sur la mer se reposer, argentée

Lorsque j’ai vu ton nom imprimé sur le sable
Je n’ai pu m’empêcher de verser quelques larmes
En mémoire de cet enfant que je n’ai pas eu

Je n'en dis pas plus…

 

 

SANS QUEUE NI TÊTE


Dans ma bulle
Au boulot
Je fabule
Et je brûle
De l’encens
Incandescent
Moi en sanglots
Car trop de mots
Restés saisis
Dans mon cerveau
Endormi

 

Brouillard bleuté
Boulet aux pieds
Peur de briser
Au chant du coq
Un bilboquet
Nul sans sa toque
Jouet futile
Que je mutile
Et je m’en moque

 

CŒUR DE ROCKER – VERSION DOULEUR


J’ai la poésie tatouée sur le cœur
Celui qui enrage de douleur
Il a beau tomber en mille miettes
Comme une vieille feuille
Il sait se relever tout seul
Sans crainte qu’on le rejette

 

Action, réaction, avec ou sans réflexion
Le font sortir hors de ses gonds
Ce muscle puissant, siège de l'âme, dit-on
Clamera toujours pour lui fort et haut
Son inscription
« Les mots soulagent les maux »

 

Solution valable pour vingt cœurs

 

Jocelyne Langlois, auteure
Extraits du recueil La traversée du désert,
à paraître vers 2020
Tous droits réservés